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jambesLE CORPS DANS TOUS SES ETATS par Jacqueline Schaeffer

Le corps auquel le psychanalyste est confronté s’exprime par des souffrances physiques ou morales, des sentiments d’impuissance ou de dévalorisation à tendance dépressive, des symptômes psychiques ou psychosomatiques, des angoisses envahissantes, des sentiments d’échec de la vie amoureuse ou sociale. Accompagnés le plus souvent d’un sentiment de mal-être et de perte du goût et du sens de vivre.

Le patient adresse une plainte et une demande à une personne qui n’est ni un médecin, ni un guérisseur, ni un directeur de conscience. Il en arrive là bien souvent après bien des échecs et déceptions de toutes solutions antérieures, médicamenteuses ou autres, qui se sont avérées inefficaces à apaiser son mal-être.

Il sait que cette personne va l’inviter à parler de ses troubles, puis peu à peu du contexte vital familial et existentiel. Au cours de ce discours, des liens seront créés par voie associative jusqu’à la découverte d’un sens qui va progressivement mener à un remaniement des énergies bloquées ou déviées en fonction de conflits mal élaborés ou qui n’ont jamais pu l’être. Là se pose la question des traumatismes précoces, et de ceux qui sont actuellement réactivés par une situation difficile.

Le praticien n’a donc affaire qu’aux représentations qui s’attachent au corps malade, souffrant ou impuissant.

Il convient de distinguer, parmi toutes ces représentations, celles qui concernent

  • le corps biologique et somatique
  • le corps narcissique
  • le corps symbolique
  • le corps érotique

même s’il va de soi que ces représentations sont souvent intriquées, et que les émotions et affects les concernent toutes.

LE CORPS BIOLOGIQUE ET SOMATIQUE

C’est le corps atteint d’une maladie ou de lésions somatiques.

La somatisation peut aller de  la crise, réversible, jusqu’aux maladies graves évolutives, irréversibles et au risque vital.

Pour certaines de ces affections, dites psychosomatiques, le psychanalyste utilise une technique adaptée à la personnalité psychique de ces malades, qui, le plus souvent, n’ont pu organiser des symptômes névrotiques ou psychotiques.

En effet la somatisation peut résulter de traumatismes ou de carences de l’environnement qui n’ont pas permis une élaboration des situations de danger en  conflits psychiques. C’est le corps qui a réagi.

Le corps peut réagir soit par la maladie, soit par des comportements violents.

Le trouble somatique, la plupart du temps, n’a pas de sens. Il est bien souvent pauvre en représentations et en fantasmes. Le monde extérieur est investi de manière hyper-réaliste, les mots n’ont pas de double sens, ni de jeu. Les rêves sont souvent pauvres ou très  crus. La somatisation est figée dans un temps actuel. Le malade n’a pas accès à l’épaisseur et au sens de son histoire.

Le psychanalyste va souvent avoir à le réanimer, à le revitaliser psychiquement.

LE CORPS NARCISSIQUE

C’est celui qui doit incarner la perfection, l’idéal ou l’identité.

La souffrance est causée par toute angoisse d’atteinte de l’intégrité, qu’elle soit de nature esthétique – celle de l’image – ou fonctionnelle – celle d’un  handicap ou d’une impuissance –  ou celle de l’usure du temps.

Les souffrances de nature esthétique sont liées, particulièrement chez les femmes, à l’image de la séduction qu’elles peuvent exercer ou inspirer, et donc à toutes les angoisses de perte d’amour. Elles  peuvent aller jusqu’à des angoisses de dépersonnalisation et conduire à des excès de réparation chirurgicale esthétique de nature délirante.

La crise de la ménopause affecte également le corps narcissique des femmes.

Comment rester femme, lorsque les éclats de la féminité déclinent, et  que la maternité s’éteint ?

Les affections féminines telles que l’anorexie et la boulimie sont des manifestations pathologiques d’un corps narcissique, soumis à un idéal de pureté et de perfection.

Chez les hommes, le corps narcissique tend à survaloriser le sexe masculin, et les angoisses, dites « angoisses de castration », surgissent lors de toute atteinte physique ou fantasmatique de la virilité, lors de toute humiliation ou défaillance sexuelle. Le dit « machisme » s’étaye sur ces angoisses.

Chez les adolescents, la crise d’identité peut se manifester par des conduites qui attaquent le corps :  scarifications, tatouages, piercing, etc..  Ce sont des rites privés, sacrificiels, d’initiation et de passage. Ils ont souvent un caractère secret chez les filles, et une valeur de défi ou de provocation virile chez les garçons.

LE CORPS SYMBOLIQUE

C’est celui des affections hystériques.

L’affection hystérique, qu’elle soit crise, attaque ou symptôme, est un phénomène psychique, auquel le corps prête ses fonctions pour  exprimer symboliquement des conflits pulsionnels inconscients.

La conversion hystérique est sans danger pour la santé physique, car  elle               n’est ni causée par des lésions, ni source de lésions, et ses symptômes sont réversibles. Les hystériques traitent souvent leurs troubles avec une « belle indifférence ». Et il leur arrive de jouer avec leur angoisse et leurs symptômes.

Du fait de l’absence de substrat de  lésion organique des symptômes, et de leur aptitude à disparaître sans laisser de trace et aussi mystérieusement qu’ils sont advenus,  les phénomènes de conversion hystérique représentent une provocation, un défi à la science médicale. Les hystériques déclenchent facilement l’irritation, l’accusation de dissimulation, donc  le rejet et la répression.

Le symptôme, comme la crise hystérique, racontent une histoire inconsciente, et  sont chargés de sens symbolique. Le trouble hystérique est un appel à l’interprétation. Il s’adresse toujours à une personne investie affectivement.

L’hystérique surinvestit le monde des représentations et des fantasmes. Son activité onirique déborde sa vie vigile, celle du jour, et ses  symptômes sont, comme le dit Freud, des « rêves incarnés ». La richesse fantasmatique est exacerbée.

Le corps symbolique rejoint le corps érotique .

En effet, l’affection hystérique est déclenchée par un conflit de  représentations inconciliables, touchant au sexuel. Le corps de l’hystérique est un corps érotique souffrant et jouissant.

Ses manifestations,  à expression dramatique, corporelle et  affective tentent  d’exprimer et de symboliser un conflit, qui a trait à la psychosexualité,  et en même temps la défense contre ce conflit.

Un conflit sexuel qui, ne pouvant être élaboré par la voie mentale, effectue un saut, tout à fait énigmatique, du psychique au corporel. Mais, contrairement aux affections dites psychosomatiques, on peut en  retrouver,  par la méthode associative psychanalytique,  le trajet fantasmatique et symbolique.

Par ailleurs, l’hystérie a de tous temps défié la médecine et l’ordre social, parce qu’elle touche au sexuel,  et à ce qui est le plus difficile à admettre, à reconnaître :  le sexuel féminin et son voeu de jouissance sexuelle.

La crise hystérique est à la fois  quête de féminin et « refus du féminin » [1]

Mais elle est aussi la manifestation d’une souffrance du « féminin », d’un féminin réprimé.

LE CORPS EROTIQUE

Ce corps érotique peut également être en souffrance. En souffrance de désir, en souffrance de plaisir, en souffrance de jouissance.

La relation amoureuse est, parmi les aventures humaines, une des plus excitantes, mais des plus risquées ; la relation de couple, une des plus difficiles. Les ruptures sont douloureuses, parfois dramatiques ou catastrophiques.

La sexualité et l’amour peuvent être en conflit, en déchirement. Le corps non désiré, abandonné, peut aller jusqu’à se dégrader, se détruire ou détruire l’autre. Le corps impuissant peut sombrer dans la dépression ou dans l’agitation frénétique.

Le corps de la puberté peut être vécu comme un corps étranger et ennemi.

Le corps d’un partenaire sexuel peut être utilisé, instrumentalisé par des conduites perverses de maltraitance, d’actes sadiques physiques et psychiques.

POUR TENTER DE CONCLURE

Il paraît évident que je suis loin d’avoir déployé tous les états du corps, à travers ses représentations et ses souffrances.

Le corps a ses raisons que la raison ne connaît pas. Il est à la fois conscient et inconscient. A la fois caisse de résonance, ambassadeur,  amortisseur, lieu de régression. Son enveloppe corporelle est surface d’inscription de sens, sismographe des émotions.

Selon les capacités qu’aura une personne, face aux événements et aux rencontres de sa vie, d’élaborer ses conflits, de se sentir sujet de son histoire, il adviendra que son corps puisse être vécu comme un jardin, comme une prison ou comme un tombeau.

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[1] J. Schaeffer (2013), Le refus du féminin  (La sphinge et son âme en peine), Coll. Quadrige, 6° ed.

Postface de R. Roussillon. (1° ed. 1997, coll. Epîtres), Paris, Presses Universitaires de France

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Photo Frédéric SchiltonLE FEMININ, REVOLUTION SANS FIN par  Jacqueline Schaeffer [1]

Intervention à la libraire Tschann, le 7 février 2016

Discussion du livre de Gérard Pommier

J’ai beaucoup apprécié le livre de G. Pommier. D’abord parce que c’est un homme qui écrit sur le féminin, ce continent dit « obscur » (terme plus exact que « noir »), qui ne peut réellement être défriché et exploré qu’à travers le chemin de la différence des sexes, celui que je parcours depuis de longues années. Le féminin est ce qui pose problème à cette différence, non seulement à l’homme, au patriarche du patriarcat, que décrit G. Pommier, mais aux deux sexes, comme l’a bien précisé Freud [2].

Mon intervention ne portera que sur quelques points que nous avons partagés, ou qui nous divisent, pour la raison que nous n’appartenons pas à la même tribu et n’avons pas les mêmes instruments d’abordage.

Je me centrerai sur le chapitre : « Le Tabou du féminin », car il rejoint le titre de mon article paru à la fois dans la Monographie Interdit et tabou [3] publiée aux PUF, et dans l’Infini, la revue de Philippe Sollers [4]. Mais aussi celui intitulé « Eve ou Lilith ? Les transgressives » [5], dans la Monographie Transgression, publiée aux PUF.

Qu’est ce que le Père ?

Le père que décrit G. Pommier ressemble avant tout à ce tyran de horde primitive, décrit par Freud, qui possède toutes les femmes, tous les enfants, qui n’a ni foi ni loi, sauf celle de son pouvoir et de son bon plaisir.

Je me demande, pour ma part, si ce personnage n’est pas davantage un être bisexuel prégénital, antérieur à la différence des sexes, ni homme ni femme, ni père ni mère, mû par une toute puissance infantile, à l’égal d’un nourrisson. Cet être insatiable, homosexuel, incestueux, cet ogre cannibale, qui d’autre peut mieux l’incarner qu’un bébé au sein ?

« Nous sommes tous porteurs de ce père sauvage. Mais sommes nous vraiment tellement civilisés ? » [6] Voici une réponse célèbre : « Professeur Einstein, que pensez vous de la civilisation ? » – « Ce serait vraiment une fort belle idée ! »

Le thème que développe G. Pommier c’est celui de la répression du féminin et des femmes. Et celui de leur résistance, de leur révolution.

Sa thèse est donc juste quand il estime qu’à l’intérieur de tout homme et de tout père, un tyran de horde primitive sommeille, comme le cochon. Et que l’angoisse de castration est le moteur de la peur et de la haine du féminin.

Si j’ai bien compris, le père dont parle G. Pommier féminise aussi bien le garçon que la fille parce que, dit il,  « le père adore le féminin c’est son vertige sa fascination et ce désir violent est aussitôt refoulé ».

Si refoulement il y a, ce n’est certainement pas chez ce père-là, mais chez les fils et filles. En effet, dit G. Pommier, les mêmes (pour qui s’est produit le refoulement) exercent une répression sur leurs enfants lorsqu’il deviennent parents, c’est la haine de leur propre infantile, ils oublient leur enfance. Devenir père signifie prendre la place du sien, et la culpabilité invite à reproduire les idéaux paternels et à exercer la répression, à titre de paiement de cette dette.

Comme vous le savez, le lacanien n’est pas ma langue maternelle (pour ne pas dire paternelle), et je resterai fidèle à ma manière à Freud, vous invitant à pardonner mes schématisations.

Freud considère le « refus du féminin » comme « une part de la grande énigme de l’humanité ». [7] Titre que mon livre a emprunté pour tenter d’explorer cette  énigme [8].

Autant l’interdit est lié au refoulement, s’intériorise et s’impersonnalise par la voie du surmoi, héritier du complexe d’Oedipe, autant je considère, comme le dit G.Pommier, que le tabou a rapport avec la terreur sacrée, et qu’elle mène à la répression.

Mais je ne considère pas, comme il le suggère, que la répression vienne uniquement du dehors, du social, mue par la peur, la haine ou la revanche des fils devenus pères. Le refoulement, on le sait, est une opération intrapsychique, qui agit sur la dynamique des représentations, et reste vivante et mobile quand elle produit des rejetons, dans la variable plaisir/déplaisir. Mais la répression est aussi un mécanisme intrapsychique, qui écrase la vie pulsionnelle par le biais d’ « imagos » porteuses d’une excitation massive, qui exercent sur le psychisme une véritable dictature. Là se situent les tabous, les peurs animiques irrationnelles, et leurs rites conjuratoires et exorcistes.

Donc le tyran castrateur et sodomite, dont parle G. Pommier, est bien une imago, une idole qu’il faut abattre.

La répression se transmet quand l’organisation oedipienne du père n’a pas été suffisamment élaborée en vue de la transmission d’un surmoi, permettant le refoulement et la structuration des instances psychiques. Ainsi lorsque le père oedipien n’est pas parvenu à tuer en lui le père de la horde primitive, c’est-à-dire le père incestueux, celui par exemple qui va violemment refuser le féminin de sa fille parce qu’il ne supporte pas d’être féminisé lui-même, ou celui qui aura envie de voler le féminin de sa fille. A ce moment-là le féminin est envié, et parce qu’il est envié il est haï, et il peut alors donner lieu à persécution. La répression s’y exerce.

Dans le développement de G. Pommier, je me demande où est la place pour le père oedipien. Selon la construction freudienne, le concept de paternité n’existe que lorsqu’ une société des frères a été créée, après la mort du tyran. A ce moment là seulement il y a un père et des fils. Ce ne sont pas les filles qui ont tué le tyran de la horde, elles lui auraient plutôt été soumises. Et les frères se les partagent. Le surmoi, héritier du complexe d’Œdipe, est ce qui fonde la loi intériorisée. Sinon, la loi reste extérieure et engendre la répression.

  1. Pommier le dit à sa manière : « Le symbolique procède du parricide »

Mais la société ainsi fondée l’est par les frères, elle est homosexuelle, phallique, elle se pose donc contre le féminin. C’est la logique de la loi phallique, héritière d’une théorie sexuelle infantile, phallique/castré, qui n’existe que de nier la différence des sexes et le féminin. Et les filles comme les femmes sont castrées puisqu’elles ne possèdent pas cet organe, tellement survalorisé narcissiquement qu’il devient phallus.

Tout est centré, pour G. Pommier, sur la séparation d’avec un père séducteur incestueux, aussi bien pour le garçon que pour la fille, donc d’un tyran qu’il faut castrer parce qu’il vous castrerait en vous féminisant, c’est-à-dire en vous désirant. Le moyen donc de résister à ce père incestueux, de s’opposer à sa manoeuvre de féminisation, c’est de l’envoyer aux cieux, et donc prendre une position masculine.

Le père castrateur a donc été totémisé, spiritualisé, et l’objet de son désir, le féminin, est devenu tabou sur terre. Le tabou a frappé d’abord l’objet de son désir c’est-à-dire le féminin, et ensuite le corps en général.

Féminin et maternel

« Les hommes se totémisent tout seuls, dit G. Pommier, en accédant à la paternité, et les mères répriment la féminité de leur fille avec d’autant plus de force qu‘elles devinrent mères pour refouler leur féminité ».

Je suis en accord avec lui pour souligner cet antagonisme entre féminin et maternel, chez les femmes, comme chez les hommes. Le clivage de la maman et la putain est une composante très répandue de la sexualité des hommes.

  1. Pommier va jusqu’à dire que la maternité a été une prison du féminin, et que la femme a ainsi pu se venger de la place d’objet d’échange qui lui a été assignée par les hommes. Je n’irai pas jusque là, étant donné les expériences de plaisir liées à la maternité, jusqu’à celles, orgastiques, liées à l’accouchement. Un de mes patients me disait récemment que sa compagne hurlait de jouissance, comme si elle accouchait.
  2. Pommier écrit : « La mère est la première, la femme est la dernière, la mère nait de la mère, la femme nait du père qui l’en sépare. La femme nait du désir du père qui féminise la fille est en fait l’insurpassable idéal du désir ».

J’en conviens, en grande partie. Mais j’ajouterai : la femme nait surtout du désir de l’amant quand il l’amène à découvrir son sexe, dans la jouissance sexuelle, et lui permet ainsi de séparer en elle la femme et la fille de son père. Une patiente, qui va devenir psychanalyste, hésite entre prendre le nom de son père, qui ne l’a jamais vraiment été, ou celui de son mari, qui n’arrête pas de la trahir, ou d’accoler ces deux noms qu’elle dit détester, mais alors par lequel commencer ? Ce conflit bien évidemment recouvre la difficulté de s’engager dans une nouvelle identité, indépendante, donc de se séparer de son analyste, de prendre ma place, c’est à dire de me mettre à mort.

Pour Winnicott, le féminin c’est « l’être », le masculin c’est le « faire ». Je pense que ce qu’il nomme masculin est davantage phallique, et que le féminin renvoie plutôt au maternel. Car le « faire » est aussi bien le domaine de la femme que de l’homme. Le féminin c’est l’être, mais c’est surtout « l’autre ».

L’autre, qu’on soit homme ou femme, c’est toujours le féminin.

Pour G. Pommier « la domination des femmes s’installa dès que les femmes furent enfermées dans un rôle de mère, lieu spécifique de leur oppression ». Je ne peux le suivre véritablement, car je pense que si les femmes ont été enfermées, persécutées, haïes, c’est en raison de leur puissance sexuelle érotique. Ce qui dérangeait les hommes, c’était que les femmes aient accès à l’érotisme hors de leur pouvoir, de leur domination. On leur a excisé le clitoris, un organe qui ne sert scandaleusement qu’au plaisir sexuel.

Ce ne sont pas les mères qui ont été opprimées, je pense qu’elles ont toujours été dominatrices et vénérées, adorées et haïes. Ce qui a été opprimé par la domination des hommes c’est la sexualité érotique des femmes

  1. Pommier évoque bien le clivage entre la maman et la putain : les femmes ont été mises dans des bordels, enfermées en tant qu’hystériques, brûlées sur les bûchers par les Inquisiteurs, tandis que les mères ont été vénérées, madonisées, nichées dans des grottes.

Les mères sont toujours vierges, et le fantasme absolu c’est que l’enfant a dépucelé sa mère en naissant. L’enfant et le pénis empruntent le même couloir qu’est le vagin.

« Tu sais ce que j’étais avant ? – dit un petit garçon de 4 ans – J’étais un spermatozoïde ». Il était déjà là, dans le fantasme de sa théorie infantile. C’est lui qui tient la place du père, c’est lui qui a défloré sa mère, qui l’a fécondée, c’est lui qui s’est auto-engendré. Il tient à lui seul la condensation de toute la scène primordiale.

  1. Pommier écrit que les femmes « furent opprimées pour des motifs sexuels à proportion du désir qu’elles provoquaient ». Que pouvaient craindre les hommes de ce désir ? Freud l’exprime bien : ils ont peur d’être féminisés.

Je le cite : La femme « est autre que l’homme, … incompréhensible, pleine de secret, étrangère et pour cela ennemie ». Une femme avec qui « le premier acte sexuel représente un danger particulièrement intense »… Une femme par qui, lors du coït, « l’homme redoute d’être affaibli, … contaminé par sa féminité et de se montrer alors incapable ».

  1. Pommier exprime bien la difficulté pour un homme que représente son désir, parce qu’il lui faut abandonner sa virilité en quelque sorte lâchée au moment orgastique, donc perdre quelque chose, post coitum animal triste. C’est pour cela qu’il peut en vouloir tellement à la femme, et qu’il a besoin de la dominer et de la soumettre.

En effet, désirer les femmes rend les hommes esclaves de leur désir. Le sexe masculin peut être exhibé, érigé, et brandi à l’envi comme signe de puissance. Cependant, son extériorité constitue une fragilité, et le signe risque de devenir celui de l’impuissance. Car c’est celui, irréductible par excellence, de l’impuissance du moi de l’homme à commander ce qui est pour lui de la plus grande importance : l’érection de sa puissance virile. « Le moi n’est pas maître en sa demeure » dit Freud. C’est le domaine où l’inconscient s’impose de la façon la plus intempestive. D’où, peut-être, cette extraordinaire valorisation, pour ne pas dire cette divinisation du phallus en majesté.

Cette organisation phallique, celle de la survalorisation narcissique du pénis, est, nous l’avons vu, héritière d’une théorie sexuelle infantile.

« Le fiasco est l’honneur de l’homme » énonce, non sans humour, Jean Laplanche …car les bêtes ne le connaissent pas, qui s’accouplent « bêtement ». L’impuissance masculine, ancrée sur l’angoisse de castration, est de nature purement narcissique, phallique.

  1. Pommier déclare que «L’amant est peut-être l’artisan de l’amour charnel, mais, à l’heure de l’orgasme, il n’est plus qu’un témoin ». « Les hommes jouissent de la jouissance de leur compagne, qui les obsède et les rend jaloux… Toutes les extases sont féminines, au même titre que seul le féminin est sujet à l’orgasme. Celui des hommes n’en est que l’écho ». J’associe personnellement à « l’amant de jouissance » évoqué dans mon livre.

Pour ma part, j’ai différencié l’orgasme, qui est retour dans le moi et dans sa logique plaisir/déplaisir, de la jouissance, qui est au-delà du principe de plaisir dans une variable jouissance/douleur. Pour la femme, mais je pense aussi pour l’homme, lorsque ses défenses anales et phalliques sont lâchées.

Lacan écrit : « Quel est celui qui, au nom du plaisir, ne mollit pas dès les premiers pas un peu sérieux vers sa jouissance ? » [9]. J’ajouterai : vers la jouissance de l’autre ?

Que fait un homme pour se dé-frigidifier, pour aller lui-même et emmener la femme vers la jouissance sexuelle ? Quelle conscience a–t-il de la nature du sexe de la femme, de son rapport à la jouissance ? Ressent-il qu’il aura à trouver en son propre sexe la force, l’agressivité ou la cruauté nécessaires pour vaincre les défenses anales et phalliques de la femme ? Peut-il entrevoir que c’est en arrachant ainsi le féminin de la femme qu’il pourra arracher simultanément son propre masculin à la logique phallique/castré ? Est-il prêt à se démettre, pour un temps, du contrôle de son moi, à lâcher les angoisses  d’un pénis qui tend surtout à vérifier sa solidité dans la relation sexuelle. Pourra-t-il « surmonter » (terme freudien) ses angoisses de féminin, s’affronter aux grandes quantités libidinales que demande et exige le sexe féminin ? Ainsi que les angoisses d’engloutissement, de dévoration et de castration que génère l’imago de la mère archaïque, cannibale et castratrice ? Parviendra-t-il à « prendre » la femme dans la mère, ou la mère dans la femme ?

Freud a la hardiesse de le prescrire : « Pour être, dans la vie amoureuse, vraiment libre et, par là, heureux, il faut avoir surmonté le respect pour la femme et s’être familiarisé avec la représentation de l’inceste avec la mère ou la soeur » [10].

Le masochisme

Le chapitre de G. Pommier sur les femmes mystiques est fort intéressant et très documenté. On peut faire le lien entre la jouissance féminine et le masochisme érotique féminin, celui que j’ai théorisé dans mon ouvrage.

Je pense qu’il n’y a pas de jouissance sexuelle sans masochisme psychique. Ce masochisme érotique je le qualifie de féminin, car il concerne la révélation du féminin aussi bien pour l’homme que pour la femme. Il assure un mode de liaison des grandes quantités libidinales que promeut la relation de jouissance. Les femmes y sont davantage enclines, de par leur structure psychique, physiologique et sexuelle ; tandis que les hommes sont en principe mieux armés pour la réduction des quantités par leur angoisse de castration et le recours à l’analité. Les femmes ont donc davantage besoin d’un masochisme érotique, étayé sur un solide noyau de masochisme érogène primaire, défini par Freud comme première liaison entre Eros et la pulsion de mort. Si elles ne rencontrent pas celui qui le leur arrache, c’est vers le masochisme moral qu’elles se tourneront. La jouissance sexuelle est masochiste pour les femmes, sinon elle est phallique. Les femmes le ressentent davantage, du fait de l’ouverture et de la pénétration de leur intérieur. Comment comprendre autrement que la plupart des mystiques révulsées et extatiques soient des femmes ?

Je suis reconnaissante à Lacan d’avoir tracé une théorisation de la jouissance, à laquelle il a recours pour remanier l’ordre symbolique au profit du non symbolique, de l’illimité, du « sans bord ». La femme, pour n’être « pas toute » dans la jouissance de la fonction phallique, aurait une jouissance « supplémentaire ». Le terme « supplémentaire », insiste-t-il, exclut le « complémentaire ». « Une jouissance à elle, écrit-il, dont peut-être elle-même ne sait rien, sinon qu’elle l’éprouve – ça elle le sait. Elle le sait, bien sûr, quand ça arrive. Ca ne leur arrive pas à toutes » [11].

Et il dérive alors sur les mystiques.

J’ai beaucoup apprécié le travail que Claude-Noële Pickmann a impulsé, dans son groupe Asphère sur la question du féminin. J’ai eu la chance d’y participer.

Cependant, je reste fidèle à Benno Rosenberg et à son important travail sur le masochisme [12]. Il a bien recommandé de ne pas confondre le sadisme du surmoi avec le masochisme du moi. Dans les cas où flagellations et maltraitances sont auto-infligées chez les femmes mystiques, G.Pommier estime qu’il s’agit de punitions et que c’est un appel au père, « qui répond toujours présent, fouet en main ». Il s’agirait, à mon sens, du sadisme du surmoi, héritier paternel.

Tandis que du côté des extatiques, c’est le masochisme du moi qui s’exprime, véritable scandale pour Freud, celui de ressentir de la jouissance dans la souffrance. Il ne s’agit plus alors que de culpabilité et de punition, mais de soumission amoureuse masochiste, celle du masochisme érotique féminin, qui fait dire à la femme amoureuse à son amant : « fais-de moi ce que tu veux », et qui permet à la femme mystique de s’envoyer en l’air dans l’extase vers Dieu, le suprême amant. Comme Thérèse, en état de pâmoison, comme Angèle de Foligno qui, debout près de la croix, se met nue et s’offre au Christ.

La bisexualité

  1. Pommier se réfère à la bisexualité, et au mythe de l’androgyne. Nous avons eu un échange, lui et moi à propos de ce mythe, au sujet de la traduction de la côte d’Adam, qui n’est autre que son « côté ».

Pour lui, la castration est un équivalent de la bisexualité psychique parce que le garçon est féminisé par son père, c’est-à-dire castré. Mais la lutte contre cette féminisation l’excite, et donc le masculinise.

Je pense que la bisexualité est remise en question au moment du conflit œdipien puisqu’il s’agit à ce moment-là de choisir un sexe. La bisexualité se maintient, au niveau des identifications, mais au niveau des investissements le choix d’un sexe se pose, et il peut bien évidemment osciller pendant un certain temps entre le désir du père et le désir de la mère. Le moment décisif est celui de la désillusion concernant la mère phallique bisexuelle, toute puissante, celui où garçons et filles se mettent à mépriser la mère et à s’orienter vers l’idéalisation du père, père de l’identification primaire désignée par Freud, ou bien père dont la fonction est phallique.

La bisexualité psychique, si elle n’est pas identificatoire, devient défense contre le traumatisme de la perception de la différence des sexes, celui qui fut et qui peut le demeurer, celui dont Freud dit qu’il « met le trône et l’autel en danger ».

Le fétiche et la perversion

  1. Pommier considère que le fétiche, peut se situer aussi du côté des hommes (uniforme ou cravate, par exemple), et n’est pas seulement ersatzdu phallus maternel. Il estime que Freud est resté « coincé dans le cadre médico-légal de son temps ». Je ne le pense pas.

Le fétiche est un « factice » selon son étymologie. Qu’il soit bottine, natte, cravate ou uniforme, il s’agit toujours d’un objet partiel, d’un pénis-phallus partiellisé, plutôt selon une équation symbolique, selon Mélanie Klein, que porteur d’une fonction symbolique.

Le fétiche c’est l’objet partiel qui s’exhibe. La survalorisation phallique de l’objet partiel est utilisée contre l’angoisse de castration chez les hommes, et peut l’être chez les femmes contre le défaut de valorisation phallique.

Une toute petite fille se promenait avec des vieilles cravates de son père accrochées les unes aux autres pour faire une longue traine à la princesse qu’elle était. Une fille pourvue des attributs paternels. Rivale à la fois de sa mère et de son père, défiant la scène primitive.

Selon G. Pommier, Lacan aurait été plus inventif que Freud en dévoilant la face cachée du fétiche, lequel déclenche une excitation du fait que « l ‘enfant commence par être pris par sa mère comme son phallus et se délivre de cette prise en déniant la castration maternelle. Un fétiche de rencontre représente alors ce qui manque à sa mère, et ce n’est donc plus son propre corps. Dès qu’il n’est plus phallus il peut lui-même avoir une érection ».

Quand, poursuit-il, l’homme « impose l’usage d’un fétiche à une femme il dénie sa castration. Mais cela suffira-t-il pour l’exciter ? Non ! Car il faudra de plus imposer le fétiche par la force». L’imposition du fétiche excite la virilité menacée. Dans le don forcé d’un bijou, d’une parure, la violence s’exprime. « Imposer un fétiche presque par force à un autre, c’est ne plus l’être soi-même ».

Freud, dit G. Pommier n’a pris en considération que la signification phallique du fétiche, et pas son usage transgressif, coupable. D’où l’importance de la cravache. Celle-ci devient, dit-il, un fétiche de premier ordre, qui « montre la double face du fétiche – entre phallus maternel – et symbole du père », celui qui punit. « L’angoisse maternelle fait naître un père mythique dispensateur de coups autant que de bijoux.. Lorsque le don se fait brusquement prison, le voile précieux se fait burqa ». Image forte et évocatrice.

Que dire du fétiche chez la femme ? Chez les hommes, le pénis partiellisé, rendu détachable par l’angoisse de castration, se déplace du pénis à l’enfant et à l’objet fécal, selon les transpositions des pulsions dans l’érotisme anal, article de Freud.

Lacan a écrit : « Si la position du sexe diffère quant à l’objet, c’est de toute la distance qui sépare la forme fétichiste de la forme érotomaniaque de l’amour »[13].

Cette phrase retient mon attention, car elle désigne une différence des sexes quant à la perversion,

Les femmes sont rarement fétichistes ou voyeuristes, sauf si elles doivent satisfaire ainsi leur partenaire. Si elles sont exhibitionnistes, c’est le plus souvent pour rassurer l’angoisse de castration masculine, avec les équivalents phalliques que peuvent être les objets de leur mascarade, de leur féminité. Quant à l‘homosexualité féminine, elle est le plus souvent dépourvue de la composante fétichique qui caractérise l’homosexualité masculine.

Un homme lutte contre son angoisse de castration au moyen d’un objet partiel qui est extérieur, en supplément, qui prétend représenter la castration et l’absence de castration. Ce peut être une bottine, une natte à couper, une voiture ou une jolie femme à exhiber.

Une femme lutterait-elle contre son angoisse de féminin, de pénétration, d’ouverture au moyen d’un objet partiel qui renvoie à l’intérieur, au creux, au dedans ?

J’ai soutenu que la perversion féminine porte sur son intérieur, sur ce par quoi la femme est pénétrée, sur ce qu’elle peut ou non en contrôler.

J’ai désigné deux modes de perversion féminine :

Ceux qui portent sur des objets partiels substitutifs de la sexualité féminine : le pénis, l’enfant, l’alimentaire.

Ceux qui dévient et exacerbent la spécificité de la sexualité féminine : la perversion à tendance érotomaniaque et le masochisme pervers.

  1. Pommier a évoqué les seins des femmes dans leur fonction symbolique. On peut aussi leur attribuer la fonction d’objet partiel. Du fait que les femmes ne peuvent pas montrer leur sexe, quand elles se mettent nues, elles ne peuvent exhiber que leurs seins. Les seins peuvent alors être utilisés comme fétiches, objets partiels pourvus d’une considérable valeur phallique. Ce que le styliste Jean-Paul Gaultier a su exploiter avec ses modèles, femmes et hommes, exhibant des seins érigés en forme d’obus pointus.
  2. Pommier évoque les seins nus devenus symbole politique, ceux de la Révolution française, de la République. Les Femen en sont un autre exemple. Effectivement, le politique a rapport avec le phallique. La domination est d’essence phallique, elle peut être exercée aussi bien par des femmes, dominatrices phalliques, que par des hommes phallocrates.

Comme le dit G. Pommier, exhiber la féminité a été la cause première de l’oppression. En effet, cette exhibition peut représenter une menaçante rivalité phallique. Le « féminin », c’est l’intérieur, invisible et inquiétant, c’est la chair. Tandis que la féminité, c’est le corps, c’est la possibilité d’exhiber des équivalents phalliques, ce qu’a décrit Joan Rivière dans son article sur la mascarade féminine. L’exhibition, c’est excitant pour les hommes, parce que la rivalité excite et exalte le phallique. Mais si une femme ne veut pas être excitante, ne veut pas séduire, ne veut pas être en rivalité phallique, elle peut s’habiller, dit G. Pommier, avec un sac de patates.

Il est spectaculaire de constater à quel point la rivalité avec la femme nue est insupportable pour le narcissisme phallique. Tel ce président, pour lequel les statues dénudées du Capitole à Rome ont dû être voilées, coffrées.

Le masculin, quant à lui, est d’une autre étoffe. Assimiler le phallique au masculin c’est une nécessité du premier investissement du garçon pour son pénis, mais à l’heure de la rencontre sexuelle adulte, phallique et masculin deviennent antagonistes. Au-delà du phallique, donc, le féminin, …et le masculin.

J’ai trouvé très intéressante la réflexion de G. Pommier  selon laquelle l’orgasme rejoue la naissance du monothéisme par la chute de l’idole paternelle, et que grâce aux fils cela libère le Saint-Esprit de sa prison de chair. Faire l’amour avec le fils, qui s’est fait homme, c’est à nouveau tuer le père, dit-il, et donc cela libère la chair et la jouissance orgastique.

Il poursuit en stigmatisant le passage du polythéisme au monothéisme par l’advenue d’un rejet massif du féminin et la condamnation de l’homosexualité. On ne peut que le suivre quand il dit que le féminin a été et reste le malaise dans la culture. Mais, pour lui, il concerne en premier lieu celui des hommes, plus angoissés que les femmes dans l’effroi de devenir la femme du père.

La répression des femmes, dit-il, a eu d’abord un motif sexuel : l’angoisse des hommes devant le féminin. Le refoulement se transforma en répression contre les femmes. L’angoisse du féminin a engendré une société répressive dont l’acte fondateur est la ségrégation des femmes.

Dieu au ciel, la femme taboue sur terre. Dieu ou la femme ? La concurrence est rude, dit-il. Les hommes résistent à la séduction féminisante du père en rejetant le féminin, puis en désirant les femmes qui portent cette croix pour eux.

La lutte entre hommes, la guerre, la lutte des classes procéderait-elle de leur angoisse de féminisation, interroge-t-il ?

Une dernière question importante est soulevée par G. Pommier : « Pourquoi le patriarcat de l’Antiquité a-t-il été moins répressif à l’égard de la féminité que les trois religions monothéistes, et qu’il ne l’a pas du tout été à l’égard de l’homosexualité ? »

Je pose que le statut des femmes est l’emblème de la civilisation. Il est le miroir de la structure et de l’histoire d’une civilisation, le pivot et le révélateur de ce qui change dans une société, le symptôme des crises et des enjeux de pouvoir entre les sexes, l’emblème de toute égalité.

Les premières images du film Salafistes portent sur la police du corps des femmes.

« Les dieux de l’Antiquité, écrit G. Pommier n’imposaient aucun interdit sexuel ni la moindre culpabilité… Le parricide symbolique de la chute des idoles calma l’angoisse provoquée par leur désir jaloux. Plus l’amour de Dieu fut exigeant plus le féminin fut réprimé. L’image de Dieu devint taboue tandis que s’aggrava sur terre la répression de la féminité et que l’homosexualité fut punie de mort ».

Je vais oser prolonger sa remarque par une fantaisie, au risque de l’anathème. Face aux sanguinaires fous de dieux qu’a engendré la dérive fanatique des trois monothéismes, pourrions-nous rêver de revenir au polythéisme grec, et à ce qui demeure le socle de notre langue et de notre culture, puisque c’est encore le serment d’Hippocrate que prononcent la majorité des soignants que nous sommes ?

 

Merci à Gérard Pommier de nous faire penser, trembler et rêver.

titre-aspasia

[1] Pommier G. (2016), Le féminin, révolution sans fin, Pauvert.

[2] Freud S. (1937), « L’analyse avec fin et l’analyse sans fin », Résultats, idées, problèmes, II, Paris, PUF, 1985.

 

[3] Schaeffer J. (2006), « Le tabou du féminin », Interdit et tabou, Monographies et Débats de Psychanalyse, Paris, PUF. Et dans L’Infini, Automne 2009, n° 108, Gallimard.

 

[4] Schaeffer J. (2009), « Le tabou du féminin », L’Infini, n° 108, Gallimard.

 

[5] Schaeffer J. (2009), « Eve ou Lilith ? Les transgressives », Transgression, Monographies et débats de psychanalyse, Paris, PUF.

 

[6] Villa F. (2013), « Le père, un héritage archaïque ? », Le Paternel, Revue française de psychanalyse, tome 5, spécial congrès.

[7] Freud S. (1937), op. cit.

[8] Schaeffer J. (2013), Le refus du féminin (La sphinge et son âme en peine), Coll. Quadrige, 6e ed. Postface de R. Roussillon. (1e ed. 1997, coll. Epîtres), Paris, Presses Universitaires de France

 

[9] Lacan J. (1966), « Propos directifs pour un congrès sur la sexualité féminine », Ecrits, Paris, Ed. du Seuil, 1966

 

[10] S. Freud (1912), « Sur le plus général du rabaissement de la vie amoureuse, Contributions à la psychologie de la vie amoureuse », La vie sexuelle, Paris, PUF, 1970.

 

[11] Lacan J. (1972-1973),  Encore , Le Séminaire, livre XX, Paris, Seuil, 1975.

 

[12] Rosenberg B. (1991), « Masochisme mortifère et masochisme gardien de la vie », Monographies de la Revue française de Psychanalyse, Paris, PUF.

 

[13] Lacan J. (1966), op. cit.