Archives pour la catégorie Dictionnaire poétique de la psychanalyse

Freud reconnaissait aux poètes le pouvoir « d’ennoblissement » et de sublimation, il les mettait au-dessus de tout car il leur était donné le pouvoir de signifier et de créer, il lui arrivait de se lever de son fauteuil en séance pour prendre un livre et lire un poème à un patient. Si Goethe avait vécu à son époque et s’était proposé de définir les notions de la psychanalyse à travers un opuscule poétique gageons que Freud aurait accepté enthousiaste !
En puisant dans l’œuvre des poètes, nous proposerons une définition en vers ou en prose des notions de la psychanalyse. Chaque mois nous donnerons la parole à un poète afin qu’il écrive son dictionnaire poétique de la psychanalyse.

Photo F.SchiltonUn Conte de Noël 

de Athanassios Alexandridis, psychanalyste grec, qui se souvient d’une rencontre parisienne à la gare du Nord.

               

 

A l’amour des « retardés »

Il est de mise ces jours-ci de raconter des histoires d’amour. Amour qui nous a changé. Je souhaite vous confier dans les détails une telle histoire, par devoir et comme témoignage d’un remerciement dû.

Il y a plusieurs années, je travaillais dans un hôpital psychiatrique aux environs de Paris. Je prenais le train à  la Gare du Nord. Je rentrais tous les soirs à la même heure et attendait  le bus à l’arrêt d’en face. Là-bas, la plupart du temps, attendait un homme d’à peu près mon âge, un homme qui était « mongolien ». Nous avions chacun notre sac, l’air fatigué et notre titre de transport illimité. Nous faisions les mêmes gestes. Il s’asseyait toujours à la même place. Heureusement, le plus souvent, le bus était bien vide. J’ai commencé moi aussi à m’asseoir à la même place ou du moins dans son champ visuel.

Je l’observais. Je pensais que lui, le « retardé », et moi, « l’avancé » pour mon âge, nous n’étions finalement pas si différents. Cette symétrie portait un coup rude à mon narcissisme et j’y ai réagi en instaurant l’asymétrie « scientifique » : Je l’étudiais !

Et ce, en marge de mes hauts intérêts scientifiques ! C’était l’époque où je me confrontais à la grande folie, la schizophrénie, le délire chaotique, le suicide et j’évitais tout rapport à la déficience intellectuelle que je considérais « psychiquement pauvre » et « sans intérêt » pour nous psychiatres, analystes en formation, sémiologues, modernistes et autres les petits  prétentieux dans le  genre.

A l’approche de Noël, un soir, en rentrant, je découvre des travaux de décoration devant l’arrêt et une affichette expliquant que le bus est dévié et qu’il faut le prendre à l’arrêt suivant. Celui-ci n’était pas loin mais invisible depuis ce point-là car la rue faisait un angle.

Mon « retardé » n’était pas à l’arrêt ! J’ai été pris par une angoisse folle. Savait-il lire ? Et si non ? Je l’imaginais arriver et attendre le bus pendant des heures dans le froid. J’ai décidé de l’attendre.

J’attendais plus d’une demi-heure. Ensuite, j’ai pensé à quelque chose de réconfortant  qu’aujourd’hui : « il n’est peut-être pas allé au boulot, il était malade » (c’est-à-dire encore quelque chose du côté de la déficience) et j’ai marché en direction de  l’arrêt suivant.

Il était là. Il m’attendait les yeux fixés sur l’angle de la rue. Dès que j’ai tourné au coin et il m’a vu, il s’est mis à gesticuler, à me saluer et à m’engueuler de loin. De près, avec une forte dysarthrie,  joie et colère, il m’a dit  que j’étais un con, un imbécile,  incapable de lire une petite notice et que c’était à cause de moi qu’il attendait dans le froid pour me mettre dans le bus !

Nous sommes montés dans le bus, il s’est mis à sa place habituelle, je me suis mis à côté de lui, j’ai essayé de lui parler. Mon ami m’a alors  indiqué du regard  une des places où je m’installais d’habitude quand je l’observais. Je m’y suis déplacé.

En surface rien n’avait changé. Pourtant, à l’intérieur de moi, un nouveau voyage existentiel venait de commencer à la recherche du savoir du cœur.

Traduction Vera Savvaki et Delphine Schilton

Merci à Eirini Rari pour ses commentaires

titre-aspasia

Dictionnaire poético-humoristique de Woody Allen

imagesWA

Le masochisme

La seule façon d’être heureux c’est d’aimer souffrir.

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Hé ! Ne te moque pas de la masturbation ! C’est faire l’amour avec quelqu’un qu’on aime…

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Ce n’est pas que j’aie vraiment peur de mourir, mais je préfère ne pas être là quand ça arrivera.
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Pour ma part, je suis hétérosexuel. Mais il faut le reconnaître, le bisexuel a deux fois plus de chances le samedi soir.

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Je ne mange pas d’huîtres. Je veux que mes aliments soient morts. Ni malades, ni blessés… morts.

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aspasia-y Le pervers polymorphe en chaque homme

Est-ce que le sexe est sale ? Seulement quand il est bienfait.

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Aspasia7GEORGES SEFERIS poète grec prix NOBEL de littérature en 1963 DÉFINIT POUR ASPASIA LES NOTIONS DE LA PSYCHANALYSE

 

 

LA CURE PSYCHANALYTIQUE

Tu cherches à tâtons

La lance destinée à percer ton cœur

Pour l’ouvrir à la lumière

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LE TRANSFERT

 Ton pays c’est moi

peut-être suis-je personne

mais je peux devenir ce que tu veux.

aspasia-y

L ‘ASSOCIATION LIBRE

Quand parleras-tu de nouveau ?

Nos paroles sont les enfants de plusieurs personnes.

On les sème et elles naissent comme des enfants

Elles s’enracinent et se nourrissent de sang.

Comme les pins

gardent la forme du vent

même lorsque le vent , n’est plus là

De même les paroles

conservent la forme de l’homme

même quand l’homme est parti, n’est plus là.

aspasia-y

L’AMBIVALENCE

Je te regarde avec toute la lumière et toute l’obscurité que j’ai en moi

a-savante